« Je ne me suis jamais fixé de limites »; Rencontre avec Olivia ZIBA epse KAFANDO

Please wait 0 seconds...
Scroll Down and click on Go to Link for destination
Congrats! Link is Generated

Elle a 25 ans, elle est orpheline de père depuis l'âge de sept ans, maman d'un enfant, athlète de roller sport, entrepreneuse, coach et leader dans trois associations. Olivia ZIBA epse KAFANDO ne fait pas semblant de jongler  elle jongle vraiment. Et elle le fait avec une tranquillité qui force le respect. AfriQulture est allé à sa rencontre.

Qui êtes-vous, Olivia ?

AfriQulture : Présentez-vous librement pas le CV, mais vous, la vraie vous.

Olivia : Je suis née à Ouagadougou, le 5 mars 2001. J'ai perdu mon papa quand j'avais sept ans. C'est mon grand frère qui m'a scolarisée, du CP1 jusqu'à ma licence. Ma maman est ménagère. On n'était pas une famille aisée, mais on a tenu. Un jour, j'ai promis à mon papa que je ferai mieux que ce qu'il a fait. Ces paroles me suivent encore, chaque matin.

AfriQulture : En trois mots, vous vous décrivez comment ?

Olivia : La battante. La polyvalente. Et surtout la résiliente.

"J'ai promis à mon papa que je ferai mieux que ce qu'il a fait. Ces paroles me suivent encore, chaque jour."

Les serviettes qui changent des vies

AfriQulture : D'où vient l'idée des serviettes hygiéniques réutilisables ?

Olivia : Je suis allée à Kaya pour un stage. Là-bas, j'ai vu des femmes sur des sites de déplacés qui n'avaient même pas de quoi acheter du coton. Je me suis dit : pourquoi ne pas leur proposer quelque chose qu'on peut laver, réutiliser, qui protège et évite les maladies ? C'est de là que tout est parti.

AfriQulture : Et aujourd'hui, comment ça fonctionne concrètement ?

Olivia : Je confectionne tout moi-même, avec ma machine. Pas de partenaires pour l'instant je me débrouille seule. Ce que je gagne, je le réinvestis. Je forme aussi des femmes pendant les vacances, à moindre prix. Ce n'est pas facile, mais je fais avec.

AfriQulture : À qui vous adressez-vous en priorité ?

Olivia : À tout le monde mais surtout aux femmes modestes. Mes serviettes se payent une fois et s'utilisent pendant deux ans. Pour une femme qui n'a pas grand chose, ça change vraiment tout.

"Mes serviettes, on les paye une fois et elles durent deux ans. Pour une femme modeste, ça change tout."

Le roller : l'école de confiance en soi

AfriQulture : Le roller sport, comment c'est arrivé dans votre vie ?

Olivia : Par hasard et par amour ! J'ai vu un garçon rouler dans mon quartier, je n'arrivais plus à dormir après. Mon frère m'a donné l'argent pour mes premiers rollers. Je patine depuis 2019.

AfriQulture : Qu'est-ce que le sport vous a appris ?

Olivia : La confiance en soi. C'est grâce au roller que j'ai pu entreprendre. J'ai compris que si je croyais que le roller était impossible, alors tout me semblait impossible. Le roller m'a appris que ce qu'on croit hors de portée ne l'est jamais vraiment.

"C'est grâce au roller que j'ai pu entreprendre. Il m'a appris que l'impossible n'existe pas vraiment."

La maman : une force, jamais une limite

AfriQulture : La maternité a-t-elle changé quelque chose en vous ?

Olivia : Non j'ai toujours été comme ça. Mais ça m'a donné encore plus de force. Quand je veux tout lâcher, je pense à mon enfant. Je ne veux pas qu'il souffre comme moi. Je veux qu'à six ans, il côtoie les grandes écoles, les grandes personnalités. C'est pour lui aussi que je me bats.

AfriQulture : Comment vous organisez-vous pour tout jongler ?

Olivia : Honnêtement, je ne sais même pas. Je pense que c'est un don. J'ai des jours de production pour mes serviettes, des créneaux fixes pour le sport, et je fais le reste autour. Je pars aux activités avec mon enfant quand c'est possible. Ma maternité n'est pas un accouchement qui me limite c'est ma motivation.

Les doutes, les larmes et ce qui fait tenir

AfriQulture : Vous avez déjà voulu tout abandonner ?

Olivia : Oui, souvent. Je peux pleurer une semaine entière. Tu réinvestis tout, tu ne peux rien te garder pour toi. Mais c'est souvent à ce moment-là que quelqu'un vient te dire que tu motives des femmes, que tu leur donnes du courage. Et ça te remet debout. Ces témoignages-là, ça vaut tout.

AfriQulture : Qu'est-ce qui vous fait vous lever le matin quand tout va mal ?

Olivia : Ma famille. Je me suis juré que mes enfants ne souffriront pas comme j'ai souffert. Je me rappelle que je suis éphémère et que si ça n'a pas marché aujourd'hui, ça marchera demain. Il faut juste ne pas lâcher.

"Je ne suis pas encore arrivée. Je suis en route. Mais je sais que ça en vaut la peine."

La vision : dans 5 ans, partout dans le monde

AfriQulture : Quel est, selon vous, le plus grand frein à l'émancipation des femmes africaines ?

Olivia : Ce sont nos proches. Ceux qui pensent que quand une femme veut s'élever, c'est pour rivaliser avec les hommes. On m'a dit qu'une femme ne serait jamais présidente de ma fédération, tant que ces hommes seraient vivants. Ces paroles m'ont marquée mais elles m'ont surtout motivée à aller encore plus loin.

AfriQulture : Dans 5 ans, vous vous voyez où ?

Olivia : Je veux que mes serviettes soient connues partout dans le monde. Je veux ouvrir des boutiques, élargir ma gamme de slips réutilisables, des protections pour enfants. Et je veux revenir témoigner ici, avec AfriQulture, et dire que c'est vous qui m'avez donné la force. Je veux aussi que des femmes du village témoignent. Parce que les vraies battantes, ce sont elles celles qui se lèvent à l'aube, qui vont au champ, qui nourrissent leur famille avec ce qu'elles ont.

AfriQulture : Et pour finir c'est quoi une femme africaine qui gagne ?

Olivia : C'est celle qui ne se fixe pas de limites. Celle qui sait communiquer, avancer avec intelligence, et dire ce qu'elle n'aime pas avec les bons mots. La femme africaine, c'est le pouvoir. Et quand elle sait utiliser ce pouvoir rien ne peut l'arrêter.

"La femme africaine, c'est le pouvoir. Et quand elle sait l'utiliser rien ne peut l'arrêter."

Chez AfriQulture, nous croyons que les histoires qui comptent vraiment ne sont pas toujours celles qui font le plus de bruit. Olivia n'a pas attendu que les portes s'ouvrent elle a avancé. Et c'est exactement pour ça qu'on a voulu raconter son histoire. 🌍


Interview réalisé par KOURAOGO Abdou Ramané (AfriQulture BF) et rédigé par COMPAORÉ Conscience(AfriQulture BF)




إرسال تعليق

ads
Consentement à l'utilisation de cookies
Nous utilisons des cookies sur ce site pour analyser le trafic, mémoriser vos préférences et optimiser votre expérience.
Oups!
Il semble qu'il y ait un problème avec votre connexion internet. Veuillez vous connecter à l'internet et recommencer à naviguer.
AdBlock détecté !
Nous avons détecté que vous utilisez un plugin de blocage des publicités dans votre navigateur. Les revenus que nous tirons des publicités sont utilisés pour gérer ce site web, nous vous demandons de mettre notre site web sur liste blanche dans votre plugin de blocage des publicités.
Site is Blocked
Sorry! This site is not available in your country.